Séquence pour faciliter la digestion

Dans la foulée des fêtes, André-Claude nous propose une séquence digestive inspirée de la tradition de yoga kundalini, pour bien éliminer ce qui ne nous sert plus, mais également bien assimiler les éléments qui nous nourrissent. Et cela peut s’appliquer tant au plan physique – la digestion des aliments – qu’aux plans mental et émotionnel.

Bonne pratique!

1. Posture confortable assise, les mains posées sur les genoux

Faire des rotations de l’abdomen dans un sens pour 2 minutes et ensuite pour 2 minutes dans l’autre sens. Synchroniser le souffle avec le mouvement en inspirant dans la demi-lune arrière de la rotation et en expirant dans la demi-lune avant.

2. Allongé sur le dos, replier les 2 jambes contre l’abdomen en enserrant les genoux avec les 2 mains

Soulever la tête en maintenant le nez près des genoux et pratiquer la respiration de feu (kapalabhati) pendant 2 minutes. Pour terminer l’exercice, garder la posture, inspirer, expirer et garder les poumons vides en contractant pendant 5 secondes les muscles du rectum. Inspirer dans la position et puis relâcher doucement en expirant. Rester allongé 1 minute sur le dos.

3. Couché sur le ventre, saisir les chevilles.

Soulever le sacrum ainsi que le tronc et la tête. Pratiquer la respiration de feu (kapalabhati) pendant 2 minutes. Pour terminer l’exercice, garder la posture, inspirer, expirer et garder les poumons vides en contractant pendant 5 secondes les muscles du rectum. Inspirer dans la position et puis relâcher doucement en expirant. Rester allongé 1 minute sur le dos.

4. Posture confortable assise, les mains posées sur les épaules

Avec les coudes à la hauteur des épaules et les omoplates plaquées dans le dos, tourner tout le haut du corps d’un seul bloc vers la gauche lors de l’inspiration et vers la droite à l’expiration. Pour terminer, expirer vers la droite et revenir au centre pour inspirer avec les mains toujours sur les épaules. Maintenir les poumons pleins pour 15 à 30 secondes en contractant les muscles du plancher pelvien et du bas ventre. Relâcher doucement à l’expiration en déposant vos mains sur vos genoux. Méditer quelques minutes.

S’apaiser et se régénérer

5 postures pour apaiser le mental et se régénérer 

par Audrey-Anne Trudel

Au Québec, novembre est reconnu pour être un mois où l’on se sent généralement plus fatigués, anxieux, déprimés et démotivés. Au fil des années, je l’apprivoise et j’essaie de me l’approprier, de le transformer en occasion de transformer mon chez-moi en petit nid douillet, de cuisiner des plats réconfortants et de m’accorder du temps pour moi. Je trouve que c’est un moment idéal pour s’accorder une pratique de yoga plus douce, apaisante et nourrissante. Je vous partage 5 postures pour vous aider à ralentir votre hamster et retrouver une belle énergie vitale. Selon le temps disponible, elles peuvent être effectuées sous forme de séquence, ou bien chacun séparément à des moments différents.

1- Adho Mukha Swastiskasana avec front sur chaise

J’adore cette posture, car elle est simple et ne demande pas beaucoup de matériel. “Swastiskasana” peut se traduire par posture les jambes croisées. Il s’agit d’être assis avec les jambes croisées, un tibia devant l’autre (ou dans sa variante plus avancée, un tibia par-dessus l’autre).

La variation proposée ici est en flexion, avec le front en appui sur une chaise. “Adho Mukha” signifie face vers le bas. C’est la flexion avant ainsi que l’appui au front qui créent l’effet particulièrement apaisant de cette posture. Parmis ses bienfaits possibles, on compte : la diminution de l’activité mentale et du stress, le soulagement des maux de tête, des nausées et des crampes abdominales (digestives et menstruelles), l’assouplissement des hanches, genoux, des chevilles et du dos. De façon générale, les postures en flexion vers l’avant aident à relâcher la fatigue.

  1. Assoyez-vous au sol, jambes croisées un tibia devant l’autre, face à une chaise, sur une couverture pliée. Assurez-vous d’être assis sur le rebord de la couverture, de manière à ce que les os de vos fesses  (les ischions) soient supportés, mais pas vos cuisses. Ajoutez autant d’épaisseurs de couvertures qu’il vous en faut pour que vos genoux soient égaux ou plus bas que vos hanches. 
  2. En pressant bien les os de vos fesses contre la couverture, allongez votre dos et le sommet de votre tête vers le plafond. Placez vos mains à plat sur la chaise devant vous et pressez les mains dans la chaise pour allonger le dos le plus possible.
  3. Gardez le dos long, sur une expiration, basculez légèrement le bassin vers l’avant et appuyez votre front sur le rebord de la chaise. Vous pouvez déposer vos bras croisés sur la chaise ou bien les reposer vers le sol en attrapant les pattes de la chaise. 
  4. Respirez profondément, en imaginant envoyer le souffle au fond de votre bassin. Avec chaque expiration, visualisez vos pensées et le tourbillon mental qui vient se déposer à l’endroit ou votre front est supporté.
  5. Conservez la posture pour 15 à 20 respirations. Reprenez, cette fois avec l’autre tibia devant.

À surveiller

Dans cette posture, l’une des idées est de créer de la longueur dans la colonne vertébrale. Il faut donc idéalement s’installer de manière à ce que la ligne tracée par la  colonne soit cohérente.

  • Le bas du dos : afin d’éviter de développer ou d’aggraver des hernies discales, il est primordial de garder le bas de votre dos long (pas arrondi). Mettez autant de support que nécessaire sous votre bassin pour permettre cette longueur. Lorsque vous vous installez dans la flexion, marchez les os de vos fesses vers l’arrière pour aider votre bassin à basculer vers l’avant.
  • Le haut du dos: si vous sentez que le haut de votre dos et vos épaules s’arrondissent, remontez d’un étage! Reposez votre front sur vos avant-bras ou encore sur un bloc ou un livre déposé sur la chaise.
  • Le cou : idéalement, on souhaite conserver la courbe naturelle de la nuque. Un bon indice ici est la position de votre menton. Il ne devrait pas être trop rentré vers la poitrine. Il ne devrait pas non plus y avoir de sensation de compression dans la nuque.

Pour adapter

  • Si le contact entre le front et l’appui est inconfortable, essayez d’abord de prendre quelques respirations dans la posture. Si l’inconfort persiste, coussinez le rebord de la chaise à l’aide d’une couverture ou d’un foulard.
  • Si vous asseoir au sol n’est pas une option : comme l’élément clé de cette posture est l’appui au front, elle pourrait tout à fait être faite assis sur une chaise face au mur, pieds au sol, avec le front appuyé au mur.

2- Supta Baddha Konasana 

Bien connue et très appréciée en classe, cette posture est un des classiques du répertoire de yoga restaurateur, et l’une de mes préférées. Les postures allongées ont la réputation d’avoir un puissant effet régénérateur : elles peuvent nous aider à récupérer lorsque l’on a donné trop de notre énergie. Celle-ci en particulier permet de relâcher le ventre et les organes, favorisant ainsi la santé digestive et reproductive. Elle aide entre autres à détendre les intestins, l’utérus, la vessie et à y promouvoir une saine circulation sanguine. L’ouverture du coeur qu’elle propose aide à détendre le diaphragme et peut faciliter la respiration. 

  1. Placez le traversin dans le sens de votre tapis et assoyez-vous devant, le bas du dos près du bout du traversin.
  2. Installez vos jambes dans la posture du papillon, genoux ouverts, plantes des pieds jointes.
  3. En pressant vos mains dans le sol de chaque côté du bassin, allongez votre dos sur le traversin. Glissez le coccyx vers vos pieds.
  4. Glissez une couverture pliée sous la base de votre crâne, de manière à ce que votre front soit légèrement plus élevé que votre menton.
  5. Ouvrez vos bras de chaque côté, mains au sol, paumes vers le haut. 

À surveiller

  • Le dos devrait être supporté sur presque toute sa longueur. Les lombaires peuvent être légèrement décollés du traversin, mais au minimum toute la cage thoracique doit être supportée. Si cela crée de la douleur chez vous, voir les adaptations possibles.

Pour adapter

  • Si le bas de votre dos n’est pas heureux dans cette posture, essayez de placer une couverture sous vos fessiers, afin de limiter l’extension du dos. Si ce n’est toujours pas confortable, vous pouvez incliner le traversin en plaçant un ou des blocs à l’extrémité la plus éloignée de vous.
  • Si vos épaules ne sont pas confortables dans cette grande ouverture, surélevez un peu vos bras sur des coussins ou des couvertures jusqu’à ce que l’angle soit confortable.

3- Bhishmasana – variation sur 2 blocs

Dans sa version traditionnelle, cette posture s’effectue avec au moins 9 blocs et est connue sous le nom de “lit de flèches”, en référence au mythe de Bhishma, prince ayant pieusement renoncé au trône et dignement mort au combat, transpercé de plusieurs flèches. Pas très apaisant, j’en conviens, mais ce mythe porte des pistes de réflexions intéressantes sur la mort, le renoncement et l’acceptation. 

À moins d’enseigner le yoga restaurateur (!), vous ne disposez probablement pas de 9 blocs à la maison. Voici donc une variation simplifiée mais tout de même très efficace de la posture, qui ne requiert que 2 blocs. Cette variation favorise la respiration, étire/détend le diaphragme, promeut la santé cardiaque et assouplit la colonne vertébrale. De plus, la présence du verrou de la gorge encourage la réponse du système nerveux parasympathique.

  1. Placez le premier bloc sur la plus haute hauteur, et le deuxième bloc sur la hauteur moyenne. Laissez un certain espace entre les blocs (la distance varie pour chaque personne).
  2. Assoyez-vous devant le deuxième bloc, à une certaine distance, genoux pliés, pieds au sol.
  3. Inclinez-vous vers l’arrière et déposez le bas de vos omoplates (la pointe) sur le bloc le plus près de vous. Déposez la base de votre crâne (occiput) sur le bloc le plus haut, en vous assurant que votre menton revienne vers votre poitrine (verrou de la gorge).
  4. Allongez vos jambes, en tournant légèrement les gros orteils vers l’intérieur et allongez votre coccyx vers l’avant.
  5. Respirez profondément, particulièrement dans le bas de vos côtes. Conservez la posture pour 15 à 20 respirations, ou plus longtemps si vous êtes confortables. Pour ressortir, commencez par soulevez votre tête en ramenant le menton vers votre poitrine. Placez les mains à plat au sol de chaque côté et poussez votre poitrine en ligne droite vers le plafond. Revenez dans une posture assise confortable.

À surveiller

  • Le positionnement du bloc sous les omoplates n’est pas toujours évident les premières fois. Quand vous serez au bon endroit, vous le saurez, car votre respiration deviendra plus facile et confortable. Si vous avez l’impression que vos épaules roulent vers l’avant et que vous vous sentez un peu coincé, le bloc est probablement trop près de votre tête. Si vous avez l’impression que vos épaules tombent vers le sol et que votre gorge est comprimée, le bloc est probablement trop bas.

Pour adapter

  • Si le bas de votre dos n’est pas heureux dans cette posture, essayez de placer une couverture sous vos fessiers, afin de limiter l’extension du dos. Si ce n’est toujours pas confortable, vous pouvez gardez vos genoux pliés, pieds à plat au sol. 
  • Une autre option est de placer le bloc sous la tête sur sa hauteur moyenne et celui sous les omoplates sur la hauteur basse.
  • Si vos épaules ne sont pas confortables dans cette grande ouverture, surélevez un peu vos bras sur des coussins ou des couvertures jusqu’à ce que l’angle soit confortable.

4- Bharadvajasana sur traversin

Bharadvajasana sur traversin est ma posture réconfortante par excellence: c’est comme recevoir un câlin. En plus de créer cet effet enveloppant, cette version supportée de Bharadvajasana aide à la souplesse de la colonne vertébrale, et des hanches et permet de relâcher les épaules et le cou. Comme le ventre est supporté, cette posture procure un massage bénéfique des organes digestifs et reproducteurs.

*Même si elle peut paraître attirante, cette posture est à éviter dans les cas suivants : durant les menstruations, en présence de hernies discales, d’une migraine ou de diarrhée.*

  1. Placez le traversin dans le sens de votre tapis. 
  2. Assoyez-vous de côté, avec la hanche droite collée sur le bout du traversin (le bassin reste au sol). Vous pouvez avoir les genoux ensemble ou séparés, selon votre confort.
  3. Sur une inspiration, soulevez vos bras vers le plafond. À l’expiration, pivotez le bas de votre ventre, votre cage thoracique, puis vos épaules vers le traversin. 
  4. Sur l’inspiration, allongez le plus possible votre colonne vertébrale. À l’expiration déposez votre ventre, votre poitrine et votre tête sur le traversin. Tournez la tête sur un côté (celui de votre choix).
  5. Conservez la posture pour 15 à 20 respirations. Pour ressortir, ramenez vos mains sous vos épaules, poussez pour vous redresser, puis ramenez le tronc aligné avec vos genoux. Reprenez la posture de l’autre côté, avec la hanche gauche collée sur le traversin. 

À surveiller

  • Tout votre tronc devrait être supporté dans cette posture, du ventre jusqu’à la poitrine, afin que le dos soit au neutre. 
  • Essayez de vous tourner le plus possible face au traversin, afin que l’appui soit presque égal des deux côtés du ventre, de la poitrine et des épaules.

Pour adapter

  • Si la mobilité de vos hanches ou de votre dos ne vous permet pas de vous déposer complètement sur le traversin au sol,  inclinez le traversin en plaçant un ou plusieurs blocs sous l’extrémité la plus éloignée de vous.

5- Savasana

Terminez par un bon Savasana, de 5 à 15 minutes. 

  1. Allongez-vous au sol sur le dos, les bras le long du corps, paumes vers le plafond. Assurez-vous que votre front est légèrement plus élevé que votre menton. Au besoin, glissez une couverture sous la base de votre crâne. Soyez au chaud, couvrez-vous au besoin.
  2. Respirez et laissez-vous entrer en contact avec les diverses sensations physiques, mentales et émotionnelles qui se présentent, sans jugement.
  3. Pour ressortir, tournez-vous sur le côté, prenez quelques respirations en position foetale et poussez vos mains contre le sol pour vous rasseoir.

Pour adapter

  • Si le bas de votre dos n’est pas heureux lorsque vous êtes allongé au sol, glissez un traversin sous vos genoux ou encore, surélevez vos mollets sur une chaise ou un divan.

Et voilà! J’espère que ces postures auront su vous ancrer et vous amener un peu d’énergie.

Pour poursuivre votre détente : 

  • Cours de Yoga Restaurateur : les jeudis de 12h à 13h et les dimanches de 10h30 à 11h45. Inscriptions en ligne.
  • L’Art de Relaxer  – Formation / Immersion en yoga restaurateur de 15h avec Antonella Morun  : 10-11-12 avril. Détails & inscriptions

Sources

  • Formation en Yoga Restaurateur & Yin auprès de Marie-Daphné Roy
  • Bobby Clennell, The Women’s Yoga Book, Rodmell Press, 2007.

Méditer confortablement

Différentes postures de méditation à explorer

Difficile de calmer le mental quand notre dos nous fait la vie dure, qu’on a une jambe engourdie, de la difficulté à bien respirer ou les chevilles qui crient au secours. Bien que la pratique de la méditation nous apprenne l’équanimité – l’égalité d’âme face au confort et à l’inconfort – la première « règle » du yoga est ahimsa – la douceur ou la non-violence.

C’est pourquoi nous avons choisi de vous proposer plusieurs postures de méditation. Nous vous invitons à les explorer et trouver celle qui fonctionne le mieux pour vous. Comment savoir que votre posture de méditation est adéquate? Voici quelques indices:

Votre dos est long.
Vous ne vous sentez pas crispé (pensez hanches, genoux, épaules, mâchoires).
Vous pouvez respirer facilement et profondément.

1. Sukhasana – Posture « facile »

C’est la posture assise la plus courante, que l’on appelle aussi la posture du tailleur. Elle consiste à s’asseoir directement au sol avec les jambes croisées une devant l’autre.

Bien que son nom sanskrit se traduise par « posture facile » ou « posture douce », cela ne fait pas d’elle une posture accessible à tous les corps. Heureusement, il existe plusieurs moyens de l’adapter. Si le bas de votre dos s’arrondit ou que vous ressentez un inconfort dans le bas de votre dos, vos genoux ou vos hanches lorsque vous êtes dans cette assise, nous vous recommandons d’essayer l’une des alternatives ci-dessous et voir celle qui vous convient le mieux.

Note : Pour un confort optimal, assurez-vous d’être assis sur le rebord de la couverture, du bloc ou du traversin. Seul les ischions (os des fesses) devraient être en contact avec l’accessoire.

 

2. Virasana – Posture du héros

La posture du héros est une posture de méditation qui favorise grandement la sensation de longueur dans la colonne vertébrale. Pour vous y installez, placez-vous à genoux et assoyez-vous sur vos talons.

Si vos genoux sont sensibles au contact avec le sol, n’hésitez pas à placer une épaisseur de couverture sous vous jambes (genoux, tibias et dessus des pieds supportées). Si ce sont vos chevilles qui ne sont pas heureuses dans cette postures, placez une ou deux épaisseurs de couverture sous vos tibias en laissant les pieds dépasser derrière la couverture (chevilles supportées, dessus des pieds dans le vide ou sur le plancher).

Si cette posture génère de la douleur dans les genoux ou dans les hanches, on peut la modifier en ajoutant un support sous les fessiers (bloc, traversin, banc de méditation). Cette modification diminue la flexion dans les hanches et la pression tension pouvant être générée sur les genoux.

Bien entendu, il est toujours possible de combiner plusieurs modifications (ex : s’asseoir sur un bloc ET mettre un couverture sous les jambes).

3. Adossé au mur

Votre dos vous tiraille et vous avez du mal à maintenir la colonne vertébrale droite? Dans ce cas, s’adosser à un mur peut être une bonne option. Si vous faites ce choix, essayez de coller le plus possible l’arrière de votre bassin au mur. N’hésitez pas à utiliser le support d’un bloc, d’un traversin, d’une couverture ou d’une combinaison de ces derniers.

Si vous n’êtes pas confortable avez les jambes croisées, vous pouvez les allonger devant vous et placer une couverture roulée sous vos genoux.

4. Assis sur une chaise

Pour toutes sortes de raisons, certaines personnes ne sont pas confortables au sol ou rencontrent des difficultés à s’y rendre et se relever. Est-ce que cela fait d’eux des mauvais méditants pour autant? Bien sûr que non! Il est tout à fait possible de bien méditer en étant assis sur une chaise.

Idéalement, trouvez-vous une chaise dont le siège est assez ferme et dont la hauteur vous permet d’avoir les pieds bien en contact avec le sol. Allongez votre dos et, si possible, décollez-vous du dossier. Déposez vos mains comme ça vous vient.

En conclusion

Chaque corps est différent. Nous ne pouvons arriver à notre méditation autrement que tel que nous sommes. L’important lorsque l’on médite est de trouver la posture qui fonctionne pour soi à ce moment précis. C’est un très bon exercice de connaissance de soi, d’apprivoisement et de respect de ses limites. Si on est trop rigide, le corps nous distrait. Si on est trop confortable, on s’endort. Comme dans tout, le secret est dans l’équilibre.

6 postures de yoga sur chaise

En vieillissant, ou suite à des blessures ou maladies, certaines personnes pensent qu’il ne leur est pas possible de faire du yoga. Or, comme nous le répétons souvent aux gens qui se présentent au studio : le yoga est une pratique accessible, qui peut s’adapter à tous les corps! Nous pouvons notamment avoir recours à des accessoires pour adapter certaines postures. Car elle est polyvalente et facile à trouver, l’un de nos accessoires préférés est sans contredit la chaise. Que ce soit au studio, à la maison ou au bureau, voici quelques postures que vous pouvez pratiquer à l’aide d’une chaise.

1- Étirement de la jambe (variation de Janu Sirsasana)

  • Asseyez-vous sur le bout de votre chaise, pieds bien ancrés au sol, genoux à la largeur des hanches.
  • Sur une inspiration, dépliez la jambe droite devant vous et glissez une sangle (ou un foulard, une ceinture) sous la base des orteils.
  • En gardant le dos bien long, activez la jambe pour pousser le pied dans la sangle. Gardez les épaules détendues, loin des oreilles.
  • Conservez la posture pour quelques respirations, en prenant soin d’allonger le dos et la jambe à chaque inspiration.
  • Déposez lentement le pied sur une expiration, puis répétez avec la jambe gauche.

2- Posture du pigeon sur chaise (variation de Kapotasana)

  • Asseyez-vous sur le bout de votre chaise, pieds bien ancrés au sol, genoux à la largeur des hanches.
  • En pressant votre pied gauche dans le sol, déposez votre cheville droite sur votre cuisse gauche.
  • Fléchissez votre pied et, si possible, sur l’expiration, appuyez très légèrement sur votre genou droit afin d’intensifier l’étirement dans la hanche, le côté de la cuisse et/ou le fessier droit.
  • Maintenez la posture pour quelques respirations, puis reprenez avec la jambe gauche.

3- Posture du chameau sur chaise (variation de Ustrasana)

  • Toujours assis sur le bout de votre chaise, pieds solidement ancrés au sol, roulez les épaules vers l’arrière et allongez le sacrum vers le sol.
  • À l’aide de vos mains, attraper soit le dossier, soit les côtés de votre siège et ouvrez le coeur. Imaginez que vous voulez rapprocher vos omoplates l’une de l’autre.
  • Maintenir pour quelques respirations.
  • Pour ressortir, engager le bas du ventre et pressez fermement dans les pieds.

4- Demi-torsion sur chaise (variation de Ardha Matsyendrasana)

  • Asseyez-vous de côté sur votre chaise, avec les pieds solidement ancrés au sol.
  • Prenez une bonne inspiration et allonger le tronc vers le haut. À l’expiration, pivotez vers le dossier de la chaise. Laissez les mains se déposer là où elles arrivent, sans vous tirer.
  • Conservez la posture pour quelques respirations, en profitant de chaque inspiration pour bien allonger le tronc.
  • Pressez fermement dans les pieds et sortez de la posture sur une inspiration.
  • Répétez de l’autre côté, en prenant le temps de bien allonger le dos entre les deux torsions.

4- Angle étiré de côté sur chaise (variation de Utthita Parsvakonasana )

  • Commencez assis sur le bout de votre chaise.
  • Ouvrez le genou droit sur le côté et pointer le pied vers la droite.
  • Étirer la jambe gauche sur l’autre côté et pointer le pied gauche vers l’avant.
  • Pressez fermement dans vos pieds, activez vos jambes. En gardant le tronc bien long, sur l’expiration, déposez l’avant-bras droit contre votre cuisse droite.
  • Sur l’inspiration, soulevez le bras gauche vers le plafond et, si possible, étirez-le le long de votre oreille.
  • Conservez la posture pour quelques respirations. Pour ressortir, engagez le bas de votre ventre, pressez fermement dans vos pieds et remontez.
  • Rasseyez-vous normalement, puis répétez la posture de l’autre côté.

4- Chien tête en bas sur chaise (variation de Adho Mukha Svasana)

  • Commencez debout face à votre chaise, pieds bien ancrés au sol, légèrement plus larges que vos hanches.
  • Déposez les mains sur le siège de la chaise, en prenant soin de bien écarter vos doigts et de presser fermement les quatre coins des paumes de vos mains dans le siège.
  • Sur l’expiration reculez tranquillement vos pieds jusqu’à ce que vos bras forment une ligne droite dans le prolongement de votre dos.
  • Conservez la posture pour quelques respirations. N’hésitez pas à plier vos genoux afin de soulager le bas de votre dos.
  • Pour ressortir, pressez dans les mains, engagez le bas de votre ventre, marchez les pieds vers la chaise et remonter tranquillement le haut du corps sur une inspiration.

Et voilà! Nous espérons que ces quelques postures vous seront utiles au quotidien! N’hésitez pas à passer nous voir pour en apprendre d’autres.

Et si on devenait spécialiste de soi-même?

Chaque jour qui passe, j’habite mon corps, mon mental et mon cœur. Et chaque jour, chaque nuit qui passe, je cohabite avec l’infinité de sensations, de pensées et d’émotions qui peuplent ces derniers. Malgré mon jeune âge, diront certains, j’ai vécu mon lot de troubles de santé physique et mentale. Comme bien des personnes dans ma situation, ce qui m’a un jour paru comme une malédiction m’apparaît aujourd’hui comme un cadeau.

En effet, à travers la douleur et la souffrance, j’ai développé avec mon corps, mon mental et mon cœur une relation intime que bien des gens ne connaîtront jamais, ou découvriront sur le tard. Après de multiples consultations avec divers médecins généralistes et spécialistes, physiothérapeutes, ostéopathes, acupuncteurs, massothérapeutes, chiropraticiennes, naturopathes, psychologues, professeures de yoga et autres, j’ai pris la décision de devenir la spécialiste de moi-même. Je me suis mise à m’intéresser davantage au fonctionnement de mon corps et de mon mental – c’est d’ailleurs qui m’a poussée à devenir professeure de yoga.

Au fil de mes lectures, de mes formations et de mes expériences, j’ai acquis une connaissance et surtout une écoute de moi-même qui ne cessent de s’approfondir. Plus le temps passe, plus j’arrive à reconnaître mes limites, à les communiquer et à les faire respecter. Le yoga et la méditation ne guérissent pas tout, mais ils m’ont donné des outils pour me découvrir, m’apprivoiser et m’apprécier. Ils m’ont appris à être à la fois douce et rigoureuse envers moi-même, à me considérer avec indulgence mais sans tomber dans la complaisance. À me donner «du lousse» quand j’en ai vraiment besoin, mais à ne jamais me laisser tomber, à ne jamais m’abandonner. Le yoga m’a appris à reconnaître ma valeur intrinsèque en tant qu’humaine, faillible, certes, mais complète et digne d’amour – et d’amour-propre.

Je n’hésite plus à poser des questions aux professionnels de la santé et j’ose me considérer égale à eux. Je reconnais leur expertise, mais j’exige qu’ils reconnaissent l’expérience que j’ai de mon corps, mon mental et mon cœur, que la relation s’établisse sur la base d’un dialogue et non d’un rapport de supériorité. Je fais confiance à mon intelligence, à ma capacité de discernement et à cette écoute de moi-même que j’ai su développer. Face au jugement ou au scepticisme de certaines personnes du milieu de la santé ou de mon entourage, j’assume de plus en plus facilement mes choix de vie et de santé.

C’est ce dernier aspect qui me donne toujours plus de fil à retordre. À maintes reprises, on a remis en doute les décisions et les actions (pourtant soigneusement soupesées !) que j’ai prises pour mon bien-être. Bien qu’il soit crucial de faire preuve de vigilance, de rigueur et de discernement, je crois qu’il est tout aussi important de faire preuve d’ouverture et d’empathie. Loin de moi ici de dénigrer la médecine ou notre système de santé, qui regorge de personnes extraordinairement compétentes et dévouées. Cette chronique se veut plutôt un encouragement à devenir spécialiste de vous-même, à apprendre à vous connaître et à vous écouter, à avoir confiance en vous ; une petite tape dans le dos pour vous inciter à faire et à demander ce qu’il y a de mieux pour vous.

Puisque ce corps, ce mental et ce cœur sont ceux qui nous suivront toute notre vie, aussi bien faire équipe avec eux.

Et surtout, surtout, ne jamais s’abandonner.

Chronique initialement parue dans le 17 juillet 2019 dans le journal Le Courrier du Haut-Richelieu

Se permettre d’être

Dans ma chronique de mars dernier, je vous entretenais sur comment préparer le corps à la méditation. Je vous partage aujourd’hui ma technique de méditation de prédilection : la méditation pleine conscience.

Il y a déjà quelques années que j’enseigne la méditation pleine conscience. Des valeurs profondes se sont installées. J’ai le sentiment de transmettre une ancienne façon de vivre qui date de millénaires.

La méditation est simple et difficile en même temps. Elle est simple dans son essence. Elle nous demande de s’asseoir confortablement, de respirer pleinement et de s’observer. Quoi de plus simple ?

Là ou cette simplicité se complique c’est lorsque les résistances et les jugements se manifestent. Les outils proposés par la méditation pleine conscience vont favoriser le dénouement de ces formes pensées qui nous limitent dans notre épanouissement personnel. Il y a en premier le scan corporel dans lequel nous sommes guidés dans notre corps pour le contacter et le reconnaître dans tous ses fonctions et sa perfection pour nous maintenir en vie. Alors un sentiment de reconnaissance et de respect s’établit entre le corps et l’esprit. La résistance et les jugements s’estompent et ils sont remplacés par la confiance et la détente.

Dans l’exploration des moyens offerts par la méditation pleine conscience vient la marche méditative. Le corps qui a été observé dans son entièreté pendant le scan corporel se met en mouvement. Nous marchons dans la conscience de qui nous sommes, simplement, sans jugements, comme l’enfant qui fait ses premiers pas. Cela occasionne un lâcher prise profond sur nos jugements.

Puis, suit la méditation guidée assise. Elle commence par une installation confortable du corps et une prise de contact avec la respiration abdominale ; c’est notre point de départ. Vous serez guidé sur différents aspects de votre vie au quotidien à partir de la respiration et l’observation de soi. Nous étudions le mouvement du souffle, de la pensée, des émotions, pour nous permettre de mieux nous connaître. Cela nous guide vers notre sagesse intérieure avec une conscience élargie.

Zanie Roy, professeure de méditation pleine conscience et enseignante certifiée du Programme de réduction du stress par la pleine conscience de Jon Kabat-Zinn parle de la méditation en ces termes :

« La méditation est une présence à l’instant, sans jugement, moment après moment, une observation de la vie en nous. Quand vous remarquez que votre mental juge, c’est-à-dire qu’il repousse les choses qu’il n’aime pas ou s’accroche aux choses qu’il aime, observez simplement ce qui se passe. La méditation est une présence sans effort et sans choix à la totalité de la vie qui s’exprime en nous et autour de nous, et ce, à chaque moment de notre vie. C’est un état d’être et non une activité. Vous n’avez rien à faire, simplement vous permettre d’être. »

Se permettre d’être, tout simplement, n’est-ce pas là le plus beau des cadeaux que l’on puisse se faire?

Chronique initialement parue dans le 18 juin 2019 dans le journal Le Courrier du Haut-Richelieu

Par Lise Benoit, professeure de yoga et de méditation

Le don de soi

Nous assistons en cette ère de mondialisation à un désarroi profond, à un sentiment de solitude qui ne cesse de grandir. Nous voyons se répandre un sentiment d’égarement, d’anxiété, une recherche d’identité. Plusieurs personnes ont du mal à trouver un sens à leur vie, à se sentir “à la maison” et ont une incapacité à tisser des liens profonds par peur d’abandon et de la critique.

Plus que jamais, notre vie est scrutée de tous bords tous côtés par les médias, nos voisins, notre communauté, nos proches. Le regard des autres sur ce que nous faisons est omniprésent, et pour plusieurs, il s’agit d’un poids lourd à porter. Ils se demandent sans cesse quelle est la bonne chose à faire.

Je crois que l’une des plus belles manières de lutter contre ce mal-être et de développer notre estime de soi est de donner aux autres. Et pas seulement matériellement : il est important de savoir dialoguer pour faire émerger une présence, une présence qui écoute et encourage. En effet, le contraire de la misère, ce n’est pas la richesse. Le contraire de la misère, c’est le partage. Le don de soi, ce n’est pas du volontarisme, ce n’est pas de l’activisme : c’est vraiment avoir le coeur ému de compassion.

Nous devons réfléchir un peu moins à ce que l’on doit faire et un peu plus à ce que nous sommes. Ce que nous sommes est le résultat de ce que nous avons pensé. Quand nous sommes installés dans un état de bonté, conforme à notre nature profonde, nos actions et nos œuvres peuvent briller d’une vive clarté. La compassion et l’amour se déploient dans notre esprit et dans notre coeur. Nous pouvons ensuite commencer à en faire de plus en plus l’expérience dans notre vie quotidienne. La bonté est faite de petits gestes. Ces gestes ne mènent pas à de grandes victoires ; ce sont des gestes de tous les jours, mais qui n’en sont pas moins héroïques pour autant.

N’ayez pas peur d’être cette présence bienveillante, y compris pour vous-même, car comme l’écrit le psychosociologue français Jacques Salomé : “La pire des solitudes n’est pas d’être seul : c’est d’être un compagnon épouvantable pour soi-même.” Quand nous nous aimons, le don de soi devient notre plus belle preuve d’amour envers les autres. Notre regard devient regard de bonté, de tendresse, de pardon et nous voilà réconciliés avec nous-mêmes, en paix avec les autres, transformés à cause de l’autre.

Donnons alors sans attentes, avec le cœur grand ouvert, sans espérer de reconnaissance ni même de remerciements. Donnons sans nous épuiser, sans craindre de manquer, puisque nous nous ressourçons constamment en nous-mêmes.

J’accepte de recevoir, j’accepte de me donner. Voilà le secret de la joie profonde.

Chronique initialement parue dans le 22 mai 2019 dans le journal Le Courrier du Haut-Richelieu

Par Josée Delage, membre de notre équipe d’échange d’énergie

Sans rien vouloir changer, même pas soi-même

Chronique initialement parue dans le 26 mars 2019 dans le journal Le Courrier du Haut-Richelieu

Par Lise Benoit, professeure de yoga et de méditation

En ma qualité d’enseignante de yoga et de méditation depuis plus de 15 ans, j’aimerais vous entretenir aujourd’hui sur l’importance de se préparer physiquement et mentalement avant de méditer. La méditation étant un état d’abandon au souffle de vie qui circule en nous, l’élimination des tensions et du stress émotionnel avant de commencer à méditer prend tout son sens.

Souvent, je recommande à mes élèves qui souhaitent débuter une pratique de méditation régulière de se créer une petite routine de yoga personnalisée. Celle-ci n’a pas besoin d’être très longue. Selon notre état du moment et le temps disponible, dix minutes d’exercices de yoga et de respiration peuvent suffire à établir une prise de contact avec son corps. Plusieurs options s’offrent à nous. Pour ma part, j’apprécie particulièrement la respiration alternée (anuloma viloma), qui recentre et équilibre l’état du mental. Si vous n’êtes pas familier avec ce type de respiration, une pratique aussi simple que la respiration abdominale profonde vous aidera à calmer le mental et à recentrer le corps physique. Peuvent ensuite suivre des mouvements comme la salutation au soleil ou des postures d’étirements qui vous font du bien et qui vous permettent d’éliminer les tensions et le stress accumulés dans le corps physique.

Cette préparation physique est une première étape pour commencer une séance de méditation et augmenter la qualité de la présence et de la conscience de soi. L’abandon au corps qu’exige la méditation passe par une posture confortable et une respiration régulière, qui nous amèneront peu à peu à un état d’esprit présent et ouvert. Puis, suivront d’autres étapes dans lesquelles nous apprivoiserons l’accueil des pensées perturbantes, le ressenti et le lâcher-prise : trois outils très efficaces pour nous ramener au cœur de la pleine conscience et du souffle de vie.

La méditation n’est pas chose facile ! D’où l’importance de prendre contact avec son corps et sa respiration avant de débuter sa pratique. Permettez-moi ici de vous citer la conférencière et professeure de yoga et de méditation Nicole Bordeleau :

«Simplement être
Être juste ici, maintenant
Accueillir ce qui est instant après instant.
En inspirant et en expirant
naturellement
Sans rien vouloir changer
Même pas soi-même. »

La méditation n’est pas une activité banale ou une mode passagère : il s’agit d’un mode de vie, d’un état d’esprit pouvant nous mener à un bien-être profond et durable.

Bonne méditation,

Namasté
Lise Benoit

Femme dans la soixantaine assise en méditation dans un studio de yoga

Le printemps, le retour à la légèreté

Je ne sais pas pour vous, mais quand l’arrivée du printemps se fait sentir on dirait que je recommence à vivre. Les journées s’allongent lentement, la température devient un peu plus clémente et la nature en général commence à se réveiller. L’envie de faire du ménage, d’épurer et d’alléger, est très présente. Il est normal de ressentir ces effets, si nous suivons le rythme de la nature. C’est une saison que je vénère pour sa douceur et la possibilité d’être nourrie par toute la nouveauté qu’elle inspire et représente.

L’ayurveda lui donne le nom de la saison Kapha:

Kapha est un mot dans la langue sanskrit qui signifie ce qui fleurit dans l’eau. Selon l’ayurvéda, quand arrive le printemps, les deux éléments de la nature qui sont prédominants sont la terre et l’eau. C’est la raison pour laquelle on la nomme la saison kapha. Si vous remarquez, il y a naturellement une accumulation d’eau dans la nature due à la fonte des neiges et des glaces qui cause de l’humidité et qui nous donne le sentiment de lourdeur et lenteur. Les caractéristiques qui définissent kapha sont lentes, lourdes, denses, froides, liquides, huileuses et douces.

Comment garder une santé équilibrée?

Pour certaines personnes, cette saison est synonyme de rhume, congestion et allergies. C’est souvent l’accumulation de toxines (ama) qui se retrouve dans l’intestin et les poumons qui veulent naturellement s’éliminer. Afin de ne pas aggraver ces symptômes, il est préférable de se synchroniser avec la saison. L’ayurvéda nous enseigne que si nous continuons à nourrir les qualités de kapha, nous créons une nette augmentation, ce qui cause un déséquilibre dans notre corps physique, mental et émotionnel. Donc nous voulons plutôt favoriser : l’action, la chaleur, la légèreté et tout ce qui augmente naturellement l’élimination et la détoxification.

Les cures de nettoyages douces pour le foie et l’intestin sont bénéfiques pour donner un petit coup de pouce. Se faire infuser des épices telles que le fenouil, la coriandre, le cumin aide à éliminer les gras (voir mon site pour la tisane digestive). Le rituel du nettoyage de nos cinq sens est toujours bénéfique pour aider à éliminer la congestion.

Alimentation
Pour ce qui est de l’alimentation, vous voulez favoriser les goûts piquants, amers, astringents qui permettent de diminuer l’accumulation de la saison précédente. Observez également les plantes qui sont disponibles à cette période de l’année, la terre nous donne exactement ce dont nous avons besoin : le pissenlit, l’artichaut et l’endive sont amères et astringentes pour aider votre équilibre au niveau du système digestif. Devenez créatif et trouvez les façons de les apprêter!

Exercice physique
L’exercice physique améliore la circulation et augmente la chaleur ce qui crée un sentiment de légèreté et aide à équilibrer les effets de kapha.
Selon les enseignements de l’ayurvéda, nous retrouvons la majeure partie de kapha dans nos poumons et la région du thorax. Afin de pouvoir équilibrer cette concentration, nous allons favoriser les exercices de respirations(pranayama) ainsi que toutes les ouvertures de la région du thorax.

Les postures de yoga debout favorisent la réduction de kapha surtout lorsque les bras sont soulevés au-dessus des épaules afin d’ouvrir le thorax.
Les ouvertures telles que le cobra, le chameau, la roue, stimulent les fonctions de la glande thyroïde, ouvrent la région du thorax et des poumons.
Les postures debout penchées vers l’avant telles que la pince créent de la chaleur, ce qui aide à éliminer la sensation de froid et d’humidité.
Les inversions stimulent la circulation sanguine et lymphatique et donnent un sentiment de légèreté.

C’est la période de l’année qui nous permet de pousser un peu plus nos entrainements en intensité. Il faut cependant respecter notre constitution initiale pour rester en équilibre. Par exemple, si j’ai une constitution majoritairement pitta (feu et eau) je dois faire attention pour ne pas trop augmenter mon feu. Si je suis majoritairement vata (air et espace) je dois faire attention pour ne pas trop stimuler le système nerveux.

Bon Printemps!

par Cindy Laverrière, thérapeute Ayurvédique, professeur de yoga et massothérapeute

femme assise de dos au bord d'un quai lors d'une journée ensoleillée

Au volant de sa conscience

Pluie, neige, glace, « bouette », trous… les conditions routières des derniers temps ont de quoi me rendre folle. Grande anxieuse que je suis, j’ai toujours été craintive au volant l’hiver. Disons que je ne m’obstine pas quand quelqu’un propose de conduire à ma place ! Reste que la plupart des jours, je dois me résoudre à m’asseoir derrière le volant de ma rutilante Ford Fiesta et prendre la route, comme des milliers d’autres personnes. Certaines sont aussi stressées que moi, d’autres encore plus et certaines pas peureuses du tout, voire carrément dangereuses.

Cela dit, je déteste beaucoup moins conduire l’hiver depuis que je pratique le yoga au volant. Oui, oui, vous avez bien lu, je pratique le yoga au volant ! N’allez cependant pas croire que je fais le grand écart en conduisant (ni jamais, d’ailleurs). Bien qu’il m’arrive de laisser sortir un long “Ommmmm” pour me calmer le pompon au lieu de me défouler sur le klaxon, ma pratique de yoga au volant tourne plutôt autour de la pleine conscience et de la bienveillance.

La pleine conscience est une forme de méditation simple, accessible à tous et praticable en toutes circonstances. En gros, la pleine conscience consiste à observer ce qui est ; une invitation à être pleinement présent à nos sensations physiques, à nos pensées, à nos émotions, que celles-ci nous semblent agréables ou inconfortables. Par exemple, je peux remarquer mes épaules remontées et mes mains crispées sur le volant, la tension que je retiens dans le bas de mon dos, la qualité de ma respiration ou encore la douce chaleur de mon siège chauffant (j’ai cette chance !). Je peux sentir l’odeur du café qui refroidit dans le porte-gobelet, entendre la neige qui crisse sous mes pneus, voir l’environnement dans lequel je circule : les couleurs, les formes, les textures. L’exercice est de tenter de prendre conscience de toutes ces choses sans leur apposer d’étiquette de bonne ou mauvaise ; simplement être avec ce qui est.

La bienveillance, elle, invite à la douceur. La bienveillance signifie littéralement “vouloir du bien”, à soi et aux autres. Pour la plupart des gens, il est plus facile de commencer par soi-même. Lorsque je remarque que mes épaules ou mon dos sont tendus, je peux les relâcher avec l’expiration. Quand je prends conscience que c’est moi qui vis les conséquences de ma réaction aux conditions routières, que c’est moi qui me tends, qui serre les dents et qui respire vite, je me dis que je mérite d’être bien et je me détends. De la même façon, si un autre automobiliste fait une manœuvre douteuse et que cela génère de la colère en moi, je peux nommer le mot “colère” dans ma tête à l’inspir, et puis “douceur” à l’expir. Éventuellement, si je m’en sens capable, je peux diriger ma bienveillance envers cette personne qui a coupé ma route, en réalisant qu’elle aussi, au fond, mérite d’être bien. Je ne la connais pas, je ne sais rien de son histoire ; si ça se trouve, elle est aussi inconfortable que moi dans la situation. Alors j’inspire profondément et j’expire… la bienveillance.

Bonne conduite !

Chronique initialement parue dans le Journal le Courrier du 26 février 2019

par Audrey-Anne Trudel

Dans la jungle du yoga

Le yoga, c’est populaire ! Sa popularité ne cesse de croître depuis son arrivée en Occident dans les années 70. Presque tout le monde connaît quelqu’un qui en fait, les médecins le recommandent pour gérer le stress et aider avec diverses pathologies.

On trouve du yoga dans les salles de sport, les écoles, en entreprises, les studios ne cessent de se multiplier, les professeurs abondent. Et avec cette croissance, viennent les différents styles qui sont proposés. Hatha, ashtanga, vinyasa, iyengar, viniyoga, raja, power, flow, doux, acro-yoga…je pourrais continuer longtemps ! De plus, pour compliquer tout cela, le même style peut être enseigné de façon complètement différente selon la personne qui offre le cours. Ça devient mêlant tout cela et pour le débutant qui n’a jamais mis les pieds au studio, c’est un peu intimidant.

Évidemment, chaque enseignant pratique le « vrai » yoga. Chaque école va vendre son yoga comme étant le plus traditionnel de la liste. Mais qu’en est-il réellement ? Quel est le meilleur yoga à pratiquer ? La réponse est bien simple. Il y a un yoga pour tout le monde, selon les étapes de nos vies. Un yoga si on aime bouger, un autre pour méditer et certains même pour se dépasser. D’abord, les formations professorales sont tout aussi nombreuses et chaque maître a lui aussi son parcours de pratiquants, d’enseignants et d’élèves.

Plus les formations s’accumulent, plus le style de l’enseignant se transforme, combinant les connaissances pour les partager à leurs couleurs. Chaque enseignant offre son savoir, mais aussi son expérience, ce que cette personne expérimente sur son tapis lors de sa pratique personnelle. On ne peut enseigner que ce que l’on connaît, ce que l’on ressent, ce qui vibre en nous quand on s’adonne à notre yoga. Lorsque j’enseigne à une classe, j’offre ma pratique, ce que je vis chez moi quand je m’arrête pour respirer et bouger. Et nos besoins étant tous différents et variables de jour en jour, cette pratique change, grandit et se transforme au cours de nos vies.

Alors ? C’est quoi le meilleur style de yoga ? Celui qui te rend heureux, le style qui te donne cette petite légèreté quand tu termines, ce sentiment de paix et de bien-être. Celui où toi, tu te sens bien. Alors mon conseil aux débutants, et même à ceux qui plafonnent dans leurs pratiques ? Essaie, vole de cours en cours, explore différents profs, différents styles. Reviens dans la classe où tu sens cette étincelle ! Trouve ta pratique à toi au cœur de cette jungle du yoga.

Chronique initialement parue dans le Journal le Courrier du 23 janvier 2019

par Vicky Veilleux

La misère des riches

Avec l’année 2018 qui s’achève, j’ai commencé à ralentir et à faire le point sur mes apprentissages des derniers mois. L’intensité inégalée de mon année en termes d’expériences de vie me donne envie de vous écrire à propos de l’abondance. Voici ce que j’entends par une année intense : en moins de 6 mois, j’ai fait l’achat d’un triplex, vendu ma maison, relocalisé et agrandi mon studio de yoga (lire : coordonner un chantier de construction) et accueilli un deuxième petit ange dans ma famille. Ce sont des opportunités et des cadeaux de la vie exceptionnels. Bien que j’aie énormément de gratitude pour cette année de prospérité, j’avoue qu’à plusieurs moments, je ne le voyais plus sous cet angle. J’ai connu des phases de doute, de colère et de découragement. Je me suis parfois senti étouffé par l’abondance.

Curieusement, la plus grande richesse que je tire de cette année n’a rien à voir avec ma nouvelle maison, Origine Yoga ou la naissance de mon fils. Je découvre à peine que la véritable valeur reçue réside dans les moments plus sombres amenés par ce raz-de-marée de changements que j’ai vécu, à m’observer naviguer à travers le stress, la fatigue et la peur. Ce fût une année de grands apprentissages sur moi-même… et à voir la quantité de situations « challengeantes » auxquelles j’ai fait face, il semble que j’avais beaucoup de choses à apprendre!

À l’instant même, alors que je m’adonne à cet exercice de réflexion, je prends conscience que je suis devenu trop sérieux. Le gestionnaire a pris le dessus sur le bon vivant. Deux heures par jour, je me permets d’être joyeux, spontané et décontracté avec ma fille de 4 ans, un vrai clown! Mais le reste du temps, je réalise que je m’impose le rôle de l’entrepreneur sérieux, rigoureux et cérébral. Bien sûr, je demeure une personne ouverte, à l’écoute et sensible aux autres, mais je me rends compte qu’au travers de toutes mes tâches, un peu écrasé par mes responsabilités, je ne me permets que très peu de répit. Il y aurait bien un peu de temps libre, par-ci, par-là, mais je ressens une forte impulsion à utiliser chaque minute disponible pour faire et faire toujours plus.

J’ai toujours eu tendance à être motivé, pragmatique, organisé et perfectionniste. Heureusement, d’autres aptitudes me permettent le plus souvent de maintenir un bon équilibre. Avec l’intensité des derniers mois et la pression d’entrer dans des délais et autres paramètres tellement serrés, c’est comme si j’avais cru bon de me retrancher dans la version de moi la plus sérieuse. Honnêtement, je ne sais pas si un autre mode m’aurait permis d’accomplir autant en si peu de temps, mais je sais que c’est un mode survie duquel je peux – et dois – maintenant décrocher. Être toujours sur mes gardes, à la recherche de problèmes potentiels avant même qu’ils ne surviennent n’a plus son sens maintenant. En me braquant ainsi, je me bloque de l’imprévisibilité de la vie et de ce qu’elle peut m’apporter de plus beau. Au fond, je sais bien que ce sentiment d’urgence cache mon insécurité. Comme j’ai beaucoup reçu, il m’apparaît que j’ai beaucoup à perdre.

Reste que ma plus grande peur est de passer à côté de ma vie. Même si j’aimerais qu’elle coule comme un beau long fleuve tranquille, je sais pertinemment que ce ne seras pas le cas. J’appelle donc encore plus d’aventures et de défis qui me feront, oui souffrir, mais surtout grandir. Cela dit, si elles peuvent s’espacer un peu, je ne suis pas contre de laisser un peu d’abondance pour les autres! C’est donc plus léger que je reprends ma route, avec l’envie de rire, de faire confiance, d’être décontracté et de faire du yoga, du yoga et encore du yoga. Après tout, il y aura toujours une stratégie à raffiner, une brassée de lavage à faire ou un clou de travers à redresser. Quand bien même ils attendraient un peu… le monde ne s’arrêtera pas de tourner.

Chronique initialement parue dans le Journal le Courrier du 19 décembre 2018

par André-Claude Beaulac