Novembre, en-dedans.

Déjà novembre ! Chaque année, c’est la même chose. Il fait froid. Il pleut, il neige, il vente. On manque de lumière. Avec Dédé Fortin qui chante “Dehors, novembre” en boucle dans ma tête, on va se le dire, ça peut vite devenir déprimant. Mais en prenant le temps d’écouter les paroles, je me suis rendu compte que cette chanson, qui traite de l’insoutenable attente de la mort, parle surtout de l’importance de faire la paix avec soi-même.

C’est là que j’ai cliqué. Et si, plutôt que de me battre contre novembre, contre la déprime, contre le froid, contre l’hiver qui s’en vient, je profitais de ce moment pour prendre soin de moi ? Et si je choisissais de voir la température rebutante et les heures d’obscurité supplémentaires comme une invitation à l’introspection ? Et si quand dehors, je vois novembre, je me chuchotais doucement : “Novembre, en-dedans”. Novembre, une occasion de rentrer à l’intérieur de soi, d’honorer sa fatigue, ses émotions, sa lourdeur.

À la manière des arbres qui se défont de leurs feuilles pour concentrer leur énergie dans leur centre et leurs racines, voyons de quoi nous pouvons nous défaire pour mieux passer l’hiver. De façon concrète, il peut s’agir de se défaire de biens matériels qui ne nous servent plus , comme les trois paires de chaussures que je garde “au cas où” mais que je n’ai pas portées depuis trois ans et qui encombrent le garde-robe de l’entrée. Sur un plan plus profond, si ce travail nous intéresse, on peut réfléchir à ce qu’on pourrait laisser aller mentalement et émotionnellement. Cela pourrait alors ressembler à une habitude malsaine que l’on souhaite abandonner, comme celle de regarder son téléphone cellulaire juste avant de se mettre au lit. Plus profondément encore, ce pourrait être de se permettre de laisser aller une émotion lourde à porter, comme cette frustration que l’on traîne depuis des années à propos d’une ancienne relation. On peut également choisir de se défaire de ces obligations qui n’en sont pas vraiment : entretenir des amitiés qui nous drainent beaucoup d’énergie, avoir une maison complètement nette du sous-sol au grenier, toujours être parfait et souriant, même quand ça va moins bien.

Pour arriver à faire la paix avec nous-même et à se défaire du superflu, le yoga nous offre de précieux outils, à commencer par l’observation de soi. Assis en méditation ou bien campé dans une posture de yoga, la première instruction est de prendre conscience de son état physique, mental et émotionnel. La pleine conscience est une faculté qui se pratique, se développe et s’acquiert avec le temps. On commence d’abord par la conscience du corps, plus accessible, puis on chemine vers la conscience de nos pensées, de nos automatismes et de nos réactions. Une fois cette habitude de pleine conscience acquise dans le cadre de la pratique de yoga, on remarque qu’elle se transpose dans toutes les sphères de notre vie. Et à partir de cette reconnaissance de soi, le cheminement se poursuit vers l’acceptation de ce que l’on est. Et plus on est en paix avec qui on est, moins on ressent le besoin de s’encombrer de ce qui n’est pas véritablement utile.

En cette fin d’automne, au fur et à mesure que s’ajoutent les couches de vêtements, pourquoi ne pas nous dévêtir de l’intérieur ? Couche par couche, s’attendrir jusqu’au coeur, vulnérable, pour enfin se rapprocher de notre véritable nature.

Chronique initialement parue dans le Journal le Courrier du 20 novembre 2018
Par André-Claude Beaulac

 

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