Suer du dessous du genou !

En entrant dans la pièce, instantanément, tu as l’impression de traverser un épais mur de chaleur, mais ça sent bon. Des petites chandelles sont allumées à l’avant, certaines personnes sont déjà allongées sur leur tapis à relaxer ou faire des étirements et une musique douce vient compléter le tableau. Tu entres ! Bienvenue dans l’univers du yoga chaud !

Beaucoup de gens ne peuvent même pas concevoir se faire souffrance en pénétrant dans une telle salle alors que d’autres deviennent absolument accros des sensations provoquées par la pratique en salle chaude. Sentiment accru de mobilité dans le corps, relâchement des tensions et dépassement de soi sont au rendez-vous. Tout ça est clairement possible sans l’addition de chaleur mais pour certains, c’est le petit plus qui fait toute la différence. Tu adores ou tu détestes. C’est quand même drôle de trouver une polarisation aussi flagrante dans le monde du yoga qui tend vers l’équilibre. Quoi qu’il en soit, chez Origine Yoga on a rapidement éteint le débat avec l’installation de 2 salles distinctes ; une tempérée et une chaude. On vous accueille à bras ouverts, sans jugement, chacun son truc…

Il n’en demeure pas moins que l’ampleur grandissante du phénomène mérite de retenir un peu plus notre attention. D’abord, qui a eu cette idée et pourquoi ? Malgré la polémique et les accusations autour du personnage, la plupart des gens s’entendent sur le fait que Bikram Choudhury aurait inventé le yoga chaud peu après son arrivée aux États-Unis dans le début des années 1970 afin d’imiter le climat de l’Inde. Mais c’est surtout dans les 10 dernières années, avec la démocratisation du yoga en général, que l’on a pu assister à l’essor fulgurant de cette pratique et l’ouverture de nombreux centres de Hot Yoga.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que la fameuse salle chauffée vient frapper l’imaginaire des gens qui s’imaginent une salle bondée de femmes en legging en train de faire des contorsions impensables dans une marre de sueur. Un truc très intense quoi ! Évidemment, un grand cliché mais qui semble coller dans l’esprit de beaucoup d’individus qui n’ont pas encore tenté de dépasser ces idées préconçues.

Mettons donc les choses aux claires en rectifiant 6 fausses rumeurs/idées/conceptions:

  1. Il y a de plus en plus d’hommes qui pratiquent le yoga, surtout avec certains cours plus physiques qui peuvent être perçus comme des entraînements intenses.
  2. Le yoga chaud peut être autant intense que doux avec des mouvements lents ou plus statiques. Ainsi, dans certains cours, la chaleur va simplement contribuer à une atmosphère propice à la détente et au ressourcement afin de trouver un état méditatif.
  3. Toxine rime avec marketing… Non, suer plus n’élimine pas les « toxines ». Dans tous les cas, la sudation sert à rétablir la température corporelle et non pas à sortir les poubelles du corps.
  4. Le yoga chaud ne rend pas plus flexible que le yoga effectué sous des températures ‘’normales’’. De plus, il n’est aucunement nécessaire d’être flexible pour pratiquer le yoga. Être très flexible peut même devenir un désavantage à certains moments où l’on doit alors travailler la stabilité, la force et l’endurance de ces personnes.
  5. Même si le yoga et l’exercice en général sont évidemment d’excellents éléments à incorporer dans une démarche de perte de poids, le fait de transpirer davantage en yoga chaud n’a aucune incidence sur la perte de poids.  Le poids en eau qui est perdu par la transpiration est vite repris en buvant et en mangeant.
  6. Puisque la chaleur interne du corps est située autour de 37 degrés Celsius, on réalise vite que l’impact d’une pièce chauffée de 32 à 38 degrés devient négligeable. Toutes les affirmations d’amélioration au niveau de la capacité cardio-vasculaire, la flexibilité musculaire, la circulation sanguine, la santé de la peau, la ‘’détoxification’’ de l’organisme et le renforcement du système immunitaire deviennent sans aucun fondement scientifique.

En abordant le sujet du yoga chaud, j’ai aussi la responsabilité de présenter les précautions à prendre et les contre-indications à cette pratique. Il y a en effet des dangers réels à faire de l’activité physique sous la chaleur intense. Si vous avez une condition de santé particulière, nous vous invitons d’abord à demander l’avis de votre médecin avant de débuter le Hot Yoga. En partant, voici une liste de conditions médicales où le yoga chaud est à proscrire : maladie auto-immune, cancer, troubles respiratoires, troubles cardiaques, hypertension ou hypotension artérielle non contrôlée et grossesse. Pour des gens en parfaite santé, il y a aussi des précautions à prendre car personne n’est à l’abris d’un coup de chaleur, de la déshydratation, de difficultés respiratoires, de perte de conscience ou d’une blessure musculaire. En priorité, il faut s’assurer de bien s’hydrater avant, durant et après la pratique. Il est aussi très sage de rester conscient de l’amplitude de nos mouvements et de nos étirements dans une situation où les muscles sont très réchauffés. Avec ce sentiment d’amplitude, on peut risquer de perdre de vue nos réelles limites et s’infliger une blessure ou une déchirure musculaire.

Pour l’avenir du yoga chaud, il m’apparait très important de rester honnête et de ne pas attribuer une tonne de bénéfices sans appui véritable. Je crois qu’il faut prendre le yoga chaud pour ce qu’il est véritablement ; une super pratique parfois intense, parfois douce mais qui propose à chaque fois une atmosphère unique amenant un sentiment accru de relaxation et de détente, autant sur le plan mental que physique. C’est une expérience vivifiante et vraiment complète, surtout avec l’addition de petites attentions qu’on offre aux clients de Origine Yoga :  une serviette froide aromatisée à la lavande qu’on dépose sur le front lors de la relaxation finale ainsi qu’un shooter de kombucha froid qui est servi à la sortie de la salle.

Au bout du compte, chaud ou pas, quand on parle de bien-être, tout est une question de ressenti. Mon invitation est donc la suivante : soyez curieux, explorez et faites-vous confiance pour ainsi vivre les expériences qui pourront vous servir personnellement.

André-Claude Beaulac
Formateur, fondateur, propriétaire et ami à Origine Yoga

Et si on devenait spécialiste de soi-même?

Chaque jour qui passe, j’habite mon corps, mon mental et mon cœur. Et chaque jour, chaque nuit qui passe, je cohabite avec l’infinité de sensations, de pensées et d’émotions qui peuplent ces derniers. Malgré mon jeune âge, diront certains, j’ai vécu mon lot de troubles de santé physique et mentale. Comme bien des personnes dans ma situation, ce qui m’a un jour paru comme une malédiction m’apparaît aujourd’hui comme un cadeau.

En effet, à travers la douleur et la souffrance, j’ai développé avec mon corps, mon mental et mon cœur une relation intime que bien des gens ne connaîtront jamais, ou découvriront sur le tard. Après de multiples consultations avec divers médecins généralistes et spécialistes, physiothérapeutes, ostéopathes, acupuncteurs, massothérapeutes, chiropraticiennes, naturopathes, psychologues, professeures de yoga et autres, j’ai pris la décision de devenir la spécialiste de moi-même. Je me suis mise à m’intéresser davantage au fonctionnement de mon corps et de mon mental – c’est d’ailleurs qui m’a poussée à devenir professeure de yoga.

Au fil de mes lectures, de mes formations et de mes expériences, j’ai acquis une connaissance et surtout une écoute de moi-même qui ne cessent de s’approfondir. Plus le temps passe, plus j’arrive à reconnaître mes limites, à les communiquer et à les faire respecter. Le yoga et la méditation ne guérissent pas tout, mais ils m’ont donné des outils pour me découvrir, m’apprivoiser et m’apprécier. Ils m’ont appris à être à la fois douce et rigoureuse envers moi-même, à me considérer avec indulgence mais sans tomber dans la complaisance. À me donner «du lousse» quand j’en ai vraiment besoin, mais à ne jamais me laisser tomber, à ne jamais m’abandonner. Le yoga m’a appris à reconnaître ma valeur intrinsèque en tant qu’humaine, faillible, certes, mais complète et digne d’amour – et d’amour-propre.

Je n’hésite plus à poser des questions aux professionnels de la santé et j’ose me considérer égale à eux. Je reconnais leur expertise, mais j’exige qu’ils reconnaissent l’expérience que j’ai de mon corps, mon mental et mon cœur, que la relation s’établisse sur la base d’un dialogue et non d’un rapport de supériorité. Je fais confiance à mon intelligence, à ma capacité de discernement et à cette écoute de moi-même que j’ai su développer. Face au jugement ou au scepticisme de certaines personnes du milieu de la santé ou de mon entourage, j’assume de plus en plus facilement mes choix de vie et de santé.

C’est ce dernier aspect qui me donne toujours plus de fil à retordre. À maintes reprises, on a remis en doute les décisions et les actions (pourtant soigneusement soupesées !) que j’ai prises pour mon bien-être. Bien qu’il soit crucial de faire preuve de vigilance, de rigueur et de discernement, je crois qu’il est tout aussi important de faire preuve d’ouverture et d’empathie. Loin de moi ici de dénigrer la médecine ou notre système de santé, qui regorge de personnes extraordinairement compétentes et dévouées. Cette chronique se veut plutôt un encouragement à devenir spécialiste de vous-même, à apprendre à vous connaître et à vous écouter, à avoir confiance en vous ; une petite tape dans le dos pour vous inciter à faire et à demander ce qu’il y a de mieux pour vous.

Puisque ce corps, ce mental et ce cœur sont ceux qui nous suivront toute notre vie, aussi bien faire équipe avec eux.

Et surtout, surtout, ne jamais s’abandonner.

Chronique initialement parue dans le 17 juillet 2019 dans le journal Le Courrier du Haut-Richelieu

Le don de soi

Nous assistons en cette ère de mondialisation à un désarroi profond, à un sentiment de solitude qui ne cesse de grandir. Nous voyons se répandre un sentiment d’égarement, d’anxiété, une recherche d’identité. Plusieurs personnes ont du mal à trouver un sens à leur vie, à se sentir “à la maison” et ont une incapacité à tisser des liens profonds par peur d’abandon et de la critique.

Plus que jamais, notre vie est scrutée de tous bords tous côtés par les médias, nos voisins, notre communauté, nos proches. Le regard des autres sur ce que nous faisons est omniprésent, et pour plusieurs, il s’agit d’un poids lourd à porter. Ils se demandent sans cesse quelle est la bonne chose à faire.

Je crois que l’une des plus belles manières de lutter contre ce mal-être et de développer notre estime de soi est de donner aux autres. Et pas seulement matériellement : il est important de savoir dialoguer pour faire émerger une présence, une présence qui écoute et encourage. En effet, le contraire de la misère, ce n’est pas la richesse. Le contraire de la misère, c’est le partage. Le don de soi, ce n’est pas du volontarisme, ce n’est pas de l’activisme : c’est vraiment avoir le coeur ému de compassion.

Nous devons réfléchir un peu moins à ce que l’on doit faire et un peu plus à ce que nous sommes. Ce que nous sommes est le résultat de ce que nous avons pensé. Quand nous sommes installés dans un état de bonté, conforme à notre nature profonde, nos actions et nos œuvres peuvent briller d’une vive clarté. La compassion et l’amour se déploient dans notre esprit et dans notre coeur. Nous pouvons ensuite commencer à en faire de plus en plus l’expérience dans notre vie quotidienne. La bonté est faite de petits gestes. Ces gestes ne mènent pas à de grandes victoires ; ce sont des gestes de tous les jours, mais qui n’en sont pas moins héroïques pour autant.

N’ayez pas peur d’être cette présence bienveillante, y compris pour vous-même, car comme l’écrit le psychosociologue français Jacques Salomé : “La pire des solitudes n’est pas d’être seul : c’est d’être un compagnon épouvantable pour soi-même.” Quand nous nous aimons, le don de soi devient notre plus belle preuve d’amour envers les autres. Notre regard devient regard de bonté, de tendresse, de pardon et nous voilà réconciliés avec nous-mêmes, en paix avec les autres, transformés à cause de l’autre.

Donnons alors sans attentes, avec le cœur grand ouvert, sans espérer de reconnaissance ni même de remerciements. Donnons sans nous épuiser, sans craindre de manquer, puisque nous nous ressourçons constamment en nous-mêmes.

J’accepte de recevoir, j’accepte de me donner. Voilà le secret de la joie profonde.

Chronique initialement parue dans le 22 mai 2019 dans le journal Le Courrier du Haut-Richelieu

Par Josée Delage, membre de notre équipe d’échange d’énergie

Au volant de sa conscience

Pluie, neige, glace, « bouette », trous… les conditions routières des derniers temps ont de quoi me rendre folle. Grande anxieuse que je suis, j’ai toujours été craintive au volant l’hiver. Disons que je ne m’obstine pas quand quelqu’un propose de conduire à ma place ! Reste que la plupart des jours, je dois me résoudre à m’asseoir derrière le volant de ma rutilante Ford Fiesta et prendre la route, comme des milliers d’autres personnes. Certaines sont aussi stressées que moi, d’autres encore plus et certaines pas peureuses du tout, voire carrément dangereuses.

Cela dit, je déteste beaucoup moins conduire l’hiver depuis que je pratique le yoga au volant. Oui, oui, vous avez bien lu, je pratique le yoga au volant ! N’allez cependant pas croire que je fais le grand écart en conduisant (ni jamais, d’ailleurs). Bien qu’il m’arrive de laisser sortir un long “Ommmmm” pour me calmer le pompon au lieu de me défouler sur le klaxon, ma pratique de yoga au volant tourne plutôt autour de la pleine conscience et de la bienveillance.

La pleine conscience est une forme de méditation simple, accessible à tous et praticable en toutes circonstances. En gros, la pleine conscience consiste à observer ce qui est ; une invitation à être pleinement présent à nos sensations physiques, à nos pensées, à nos émotions, que celles-ci nous semblent agréables ou inconfortables. Par exemple, je peux remarquer mes épaules remontées et mes mains crispées sur le volant, la tension que je retiens dans le bas de mon dos, la qualité de ma respiration ou encore la douce chaleur de mon siège chauffant (j’ai cette chance !). Je peux sentir l’odeur du café qui refroidit dans le porte-gobelet, entendre la neige qui crisse sous mes pneus, voir l’environnement dans lequel je circule : les couleurs, les formes, les textures. L’exercice est de tenter de prendre conscience de toutes ces choses sans leur apposer d’étiquette de bonne ou mauvaise ; simplement être avec ce qui est.

La bienveillance, elle, invite à la douceur. La bienveillance signifie littéralement “vouloir du bien”, à soi et aux autres. Pour la plupart des gens, il est plus facile de commencer par soi-même. Lorsque je remarque que mes épaules ou mon dos sont tendus, je peux les relâcher avec l’expiration. Quand je prends conscience que c’est moi qui vis les conséquences de ma réaction aux conditions routières, que c’est moi qui me tends, qui serre les dents et qui respire vite, je me dis que je mérite d’être bien et je me détends. De la même façon, si un autre automobiliste fait une manœuvre douteuse et que cela génère de la colère en moi, je peux nommer le mot “colère” dans ma tête à l’inspir, et puis “douceur” à l’expir. Éventuellement, si je m’en sens capable, je peux diriger ma bienveillance envers cette personne qui a coupé ma route, en réalisant qu’elle aussi, au fond, mérite d’être bien. Je ne la connais pas, je ne sais rien de son histoire ; si ça se trouve, elle est aussi inconfortable que moi dans la situation. Alors j’inspire profondément et j’expire… la bienveillance.

Bonne conduite !

Chronique initialement parue dans le Journal le Courrier du 26 février 2019

par Audrey-Anne Trudel

Dans la jungle du yoga

Le yoga, c’est populaire ! Sa popularité ne cesse de croître depuis son arrivée en Occident dans les années 70. Presque tout le monde connaît quelqu’un qui en fait, les médecins le recommandent pour gérer le stress et aider avec diverses pathologies.

On trouve du yoga dans les salles de sport, les écoles, en entreprises, les studios ne cessent de se multiplier, les professeurs abondent. Et avec cette croissance, viennent les différents styles qui sont proposés. Hatha, ashtanga, vinyasa, iyengar, viniyoga, raja, power, flow, doux, acro-yoga…je pourrais continuer longtemps ! De plus, pour compliquer tout cela, le même style peut être enseigné de façon complètement différente selon la personne qui offre le cours. Ça devient mêlant tout cela et pour le débutant qui n’a jamais mis les pieds au studio, c’est un peu intimidant.

Évidemment, chaque enseignant pratique le « vrai » yoga. Chaque école va vendre son yoga comme étant le plus traditionnel de la liste. Mais qu’en est-il réellement ? Quel est le meilleur yoga à pratiquer ? La réponse est bien simple. Il y a un yoga pour tout le monde, selon les étapes de nos vies. Un yoga si on aime bouger, un autre pour méditer et certains même pour se dépasser. D’abord, les formations professorales sont tout aussi nombreuses et chaque maître a lui aussi son parcours de pratiquants, d’enseignants et d’élèves.

Plus les formations s’accumulent, plus le style de l’enseignant se transforme, combinant les connaissances pour les partager à leurs couleurs. Chaque enseignant offre son savoir, mais aussi son expérience, ce que cette personne expérimente sur son tapis lors de sa pratique personnelle. On ne peut enseigner que ce que l’on connaît, ce que l’on ressent, ce qui vibre en nous quand on s’adonne à notre yoga. Lorsque j’enseigne à une classe, j’offre ma pratique, ce que je vis chez moi quand je m’arrête pour respirer et bouger. Et nos besoins étant tous différents et variables de jour en jour, cette pratique change, grandit et se transforme au cours de nos vies.

Alors ? C’est quoi le meilleur style de yoga ? Celui qui te rend heureux, le style qui te donne cette petite légèreté quand tu termines, ce sentiment de paix et de bien-être. Celui où toi, tu te sens bien. Alors mon conseil aux débutants, et même à ceux qui plafonnent dans leurs pratiques ? Essaie, vole de cours en cours, explore différents profs, différents styles. Reviens dans la classe où tu sens cette étincelle ! Trouve ta pratique à toi au cœur de cette jungle du yoga.

Chronique initialement parue dans le Journal le Courrier du 23 janvier 2019

par Vicky Veilleux

La misère des riches

Avec l’année 2018 qui s’achève, j’ai commencé à ralentir et à faire le point sur mes apprentissages des derniers mois. L’intensité inégalée de mon année en termes d’expériences de vie me donne envie de vous écrire à propos de l’abondance. Voici ce que j’entends par une année intense : en moins de 6 mois, j’ai fait l’achat d’un triplex, vendu ma maison, relocalisé et agrandi mon studio de yoga (lire : coordonner un chantier de construction) et accueilli un deuxième petit ange dans ma famille. Ce sont des opportunités et des cadeaux de la vie exceptionnels. Bien que j’aie énormément de gratitude pour cette année de prospérité, j’avoue qu’à plusieurs moments, je ne le voyais plus sous cet angle. J’ai connu des phases de doute, de colère et de découragement. Je me suis parfois senti étouffé par l’abondance.

Curieusement, la plus grande richesse que je tire de cette année n’a rien à voir avec ma nouvelle maison, Origine Yoga ou la naissance de mon fils. Je découvre à peine que la véritable valeur reçue réside dans les moments plus sombres amenés par ce raz-de-marée de changements que j’ai vécu, à m’observer naviguer à travers le stress, la fatigue et la peur. Ce fût une année de grands apprentissages sur moi-même… et à voir la quantité de situations « challengeantes » auxquelles j’ai fait face, il semble que j’avais beaucoup de choses à apprendre!

À l’instant même, alors que je m’adonne à cet exercice de réflexion, je prends conscience que je suis devenu trop sérieux. Le gestionnaire a pris le dessus sur le bon vivant. Deux heures par jour, je me permets d’être joyeux, spontané et décontracté avec ma fille de 4 ans, un vrai clown! Mais le reste du temps, je réalise que je m’impose le rôle de l’entrepreneur sérieux, rigoureux et cérébral. Bien sûr, je demeure une personne ouverte, à l’écoute et sensible aux autres, mais je me rends compte qu’au travers de toutes mes tâches, un peu écrasé par mes responsabilités, je ne me permets que très peu de répit. Il y aurait bien un peu de temps libre, par-ci, par-là, mais je ressens une forte impulsion à utiliser chaque minute disponible pour faire et faire toujours plus.

J’ai toujours eu tendance à être motivé, pragmatique, organisé et perfectionniste. Heureusement, d’autres aptitudes me permettent le plus souvent de maintenir un bon équilibre. Avec l’intensité des derniers mois et la pression d’entrer dans des délais et autres paramètres tellement serrés, c’est comme si j’avais cru bon de me retrancher dans la version de moi la plus sérieuse. Honnêtement, je ne sais pas si un autre mode m’aurait permis d’accomplir autant en si peu de temps, mais je sais que c’est un mode survie duquel je peux – et dois – maintenant décrocher. Être toujours sur mes gardes, à la recherche de problèmes potentiels avant même qu’ils ne surviennent n’a plus son sens maintenant. En me braquant ainsi, je me bloque de l’imprévisibilité de la vie et de ce qu’elle peut m’apporter de plus beau. Au fond, je sais bien que ce sentiment d’urgence cache mon insécurité. Comme j’ai beaucoup reçu, il m’apparaît que j’ai beaucoup à perdre.

Reste que ma plus grande peur est de passer à côté de ma vie. Même si j’aimerais qu’elle coule comme un beau long fleuve tranquille, je sais pertinemment que ce ne seras pas le cas. J’appelle donc encore plus d’aventures et de défis qui me feront, oui souffrir, mais surtout grandir. Cela dit, si elles peuvent s’espacer un peu, je ne suis pas contre de laisser un peu d’abondance pour les autres! C’est donc plus léger que je reprends ma route, avec l’envie de rire, de faire confiance, d’être décontracté et de faire du yoga, du yoga et encore du yoga. Après tout, il y aura toujours une stratégie à raffiner, une brassée de lavage à faire ou un clou de travers à redresser. Quand bien même ils attendraient un peu… le monde ne s’arrêtera pas de tourner.

Chronique initialement parue dans le Journal le Courrier du 19 décembre 2018

par André-Claude Beaulac

Novembre, en-dedans.

Déjà novembre ! Chaque année, c’est la même chose. Il fait froid. Il pleut, il neige, il vente. On manque de lumière. Avec Dédé Fortin qui chante “Dehors, novembre” en boucle dans ma tête, on va se le dire, ça peut vite devenir déprimant. Mais en prenant le temps d’écouter les paroles, je me suis rendu compte que cette chanson, qui traite de l’insoutenable attente de la mort, parle surtout de l’importance de faire la paix avec soi-même.

C’est là que j’ai cliqué. Et si, plutôt que de me battre contre novembre, contre la déprime, contre le froid, contre l’hiver qui s’en vient, je profitais de ce moment pour prendre soin de moi ? Et si je choisissais de voir la température rebutante et les heures d’obscurité supplémentaires comme une invitation à l’introspection ? Et si quand dehors, je vois novembre, je me chuchotais doucement : “Novembre, en-dedans”. Novembre, une occasion de rentrer à l’intérieur de soi, d’honorer sa fatigue, ses émotions, sa lourdeur.

À la manière des arbres qui se défont de leurs feuilles pour concentrer leur énergie dans leur centre et leurs racines, voyons de quoi nous pouvons nous défaire pour mieux passer l’hiver. De façon concrète, il peut s’agir de se défaire de biens matériels qui ne nous servent plus , comme les trois paires de chaussures que je garde “au cas où” mais que je n’ai pas portées depuis trois ans et qui encombrent le garde-robe de l’entrée. Sur un plan plus profond, si ce travail nous intéresse, on peut réfléchir à ce qu’on pourrait laisser aller mentalement et émotionnellement. Cela pourrait alors ressembler à une habitude malsaine que l’on souhaite abandonner, comme celle de regarder son téléphone cellulaire juste avant de se mettre au lit. Plus profondément encore, ce pourrait être de se permettre de laisser aller une émotion lourde à porter, comme cette frustration que l’on traîne depuis des années à propos d’une ancienne relation. On peut également choisir de se défaire de ces obligations qui n’en sont pas vraiment : entretenir des amitiés qui nous drainent beaucoup d’énergie, avoir une maison complètement nette du sous-sol au grenier, toujours être parfait et souriant, même quand ça va moins bien.

Pour arriver à faire la paix avec nous-même et à se défaire du superflu, le yoga nous offre de précieux outils, à commencer par l’observation de soi. Assis en méditation ou bien campé dans une posture de yoga, la première instruction est de prendre conscience de son état physique, mental et émotionnel. La pleine conscience est une faculté qui se pratique, se développe et s’acquiert avec le temps. On commence d’abord par la conscience du corps, plus accessible, puis on chemine vers la conscience de nos pensées, de nos automatismes et de nos réactions. Une fois cette habitude de pleine conscience acquise dans le cadre de la pratique de yoga, on remarque qu’elle se transpose dans toutes les sphères de notre vie. Et à partir de cette reconnaissance de soi, le cheminement se poursuit vers l’acceptation de ce que l’on est. Et plus on est en paix avec qui on est, moins on ressent le besoin de s’encombrer de ce qui n’est pas véritablement utile.

En cette fin d’automne, au fur et à mesure que s’ajoutent les couches de vêtements, pourquoi ne pas nous dévêtir de l’intérieur ? Couche par couche, s’attendrir jusqu’au coeur, vulnérable, pour enfin se rapprocher de notre véritable nature.

Chronique initialement parue dans le Journal le Courrier du 20 novembre 2018
Par André-Claude Beaulac

 

Le Yoga, cet allié puissant

Lorsque vous faites vos postures de yoga, vous sollicitez plusieurs aspects de votre corps, de l’intérieur vers l’extérieur. Chaque posture apporte son lot de bénéfices. Le corps n’est pas conçu pour se mouvoir uniquement dans la symétrie. Il se meut de différentes façons dans l’espace. De fait, les différentes postures contribuent à entretenir la souplesse de vos articulations, à conserver et même à accroître l’amplitude de vos segments corporels : la tête et le cou, vos membres inférieurs, au niveau du tronc et vos membres inférieurs.

Le Yoga est votre fidèle allié. Lors des postures de flexion et de torsion par exemple, vos organes internes sont indirectement massés dû à la compression de l’abdomen. Il y a un déplacement des fluides internes qui favorise la digestion et une plus grande régularité.

L’appui du souffle est un élément clé inconditionnel lors des postures. L’inspiration amène une expansion (ouverture) de la cage thoracique et des membres tandis que l’expiration (fermeture) collabore au relâchement articulaire et musculaire.

Les postures de yoga offrent au pratiquant des bienfaits très variés selon la particularité de la posture choisie et l’intention donnée à cette dernière. Cependant, les bénéfices du yoga ne sont pas simplement assujettis aux postures. Celles-ci servent de support. Elles assistent le souffle dans son mouvement. Le souffle, ce guide incontestable, permet l’apaisement du mental par la diminution de son agitation incessante.

Ainsi, l’apprenant ressent un calme intérieur qui a des répercussions positives partout dans son corps et qui l’amènent à s’intérioriser davantage pour s’offrir des temps d’arrêt pour écouter son souffle et apprécier la vie en douceur.

Le Yoga, cet allié puissant, est à votre service partout et en tout temps.

Namasté,

Par Diane Daigneault, professeure de yoga certifiée

Portrait Diane Daigneault

Regarder le stress dans les yeux

Chronique initialement parue dans le Journal le Courrier du 21 août 2018
Par André-Claude Beaulac

Je ne sais pas si c’est à cause de la rentrée qui approche, de l’ouverture récente de mon nouveau centre de yoga ou du fait que j’écris cette chronique la veille de la date de tombée, mais j’ai envie de vous parler de… stress ! 

Lorsqu’on pense à une personne stressée, on l’imagine crispée, pressée, le souffle court, le regard rapide, etc. C’est souvent le cas lorsqu’il s’agit d’un stress aigu, en réponse à une situation immédiate (ex : un accident de voiture, un “rush” ponctuel au travail, un premier rendez-vous galant, etc.). Le corps mobilise ses ressources aux endroits les plus importants pour vous permettre de faire face à une situation stressante : le sang s’oxygène plus rapidement, les muscles sont mieux nourris et le cerveau pense plus rapidement. Jusque là, tout va bien : le stress est notre ami.

Le problème se pose lorsque le stress devient chronique (ex : un climat de travail inadéquat, une maladie, une situation familiale difficile). Après un certain temps, le corps s’adapte aux effets du stress, ce qui fait qu’on ne les ressent presque plus. Notre corps continue de concentrer ses énergies aux endroits les plus importants et ce faisant, il délaisse certaines fonctions qu’il juge moins importantes : digestion, élimination, reproduction, etc. Même si on ne sent plus notre coeur battre plus vite ou notre respiration s’accélérer, les effets du stress sont bien présents. Et si on les laisse s’installer sur une longue période, il est possible qu’après un certain temps le corps vienne à bout de ses réserves et s’épuise. Certaines maladies peuvent alors apparaître : épuisement professionnel, fatigue chronique, douleur chronique, inflammation, troubles digestifs… Ceux qui sont passés par là savent qu’en revenir peut être long ! D’où l’importance d’apprendre à reconnaître son stress et à le désamorcer lorsque possible. 

Selon les spécialistes en neurosciences, il existe 4 facteurs de stress : la faible impression de contrôle, l’imprévisibilité, la nouveauté et la menace de l’égo. Les trois premiers sont faciles à comprendre, le quatrième, moins évident. D’une façon un peu simplifiée, on peut expliquer la menace de l’égo par tout ce qui entre en contradiction avec ce que l’on pense de nous-même, ce à quoi on s’identifie, l’image que l’on a de soi. C’est ce qui nous crée une boule dans l’estomac lorsqu’un collègue remet en question notre compétence, par exemple. Tout événement ou situation qui comporte l’un de ces quatre facteurs est susceptible de déclencher chez nous une réaction de stress, qui sera plus ou moins forte selon l’individu. 

La bonne nouvelle, c’est que lorsqu’on prend conscience de cette réaction qui se déclenche, on peut la tempérer, par exemple en relativisant la menace perçue (ex : prendre conscience du fait que ma vie n’est pas en danger parce que je suis en retard à un rendez-vous) ou en mettant en place des mesures pour atténuer mon inconfort (ex : demander une réduction de tâche au travail parce que je sens que je manque de temps). La respiration, la méditation et le yoga peuvent également se révéler des outils forts intéressants dans la gestion du stress, notamment pour apprendre à le reconnaître lorsqu’il se présente, mais aussi pour en atténuer les effets et les utiliser comme guides vers plus d’aisance dans notre vie. 

Alors on prend une grande inspiration… et on déstresse.

3 sages qui prouvent que le yoga n’a pas d’âge

Tao Porchon-Lynch, 100 ans

Comme on peut le lire sur son site web, Tao Porchon-Lynch est une maître yogi “jeune de 100 ans”. Elle pratique le yoga depuis près de 70 ans. Au cours des 45 dernières années, elle a enseigné le yoga un peu partout dans le monde, formant même plusieurs professeurs de yoga. Au cours de sa longue carrière, elle a également été danseuse de ballet, actrice et réalisatrice de documentaires. Elle a fait de nombreux voyages en Inde pour étudier et comprendre en profondeur la philosophie du yoga. Si bien que l’on dit de Tao Porchon-Lynch qu’elle est elle-même une incarnation de plusieurs des principes du yoga.

La devise de Tao? “There is nothing we cannot do if we harness the power within us.” Ce que l’on pourrait traduire par “Si on exploite notre potentiel intérieur, il n’y a rien que l’on ne puisse pas faire.”

(Crédit photo: Jean Klier)

Dr. Madan Bali, 94 ans

Originaire de l‘Inde, mais établi à Montréal, le Dr. Madan Bali enseigne le yoga depuis 48 ans et compte le faire pour les 20 prochaines années encore. Âgé de 94 ans, il est en parfaite santé et impressionne ses élèves avec sa capacité à exécuter certaines postures avancées comme la roue ou la posture sur la tête avec aisance. Il attribue sa vitalité à sa pratique rigoureuse du yoga, pratique dont il est l’un des pionniers au Québec. Il a d’ailleurs déjà enseigné le yoga aux joueurs du Canadien de Montréal pour les aider à canaliser leur stress.

Le Dr. Madan Bali soutient qu’il doit également son bien-être à un état d’esprit calme, joyeux et serein qu’il obtient grâce à une pratique méditative assidue. Donc pas de soucis si vous ne pouvez pas vous tenir la tête en bas: les bienfaits du yoga vous sont aussi accessibles par le biais de la méditation et la respiration!

(Crédit photo : Ascent Magazine

Ida Herbert, 102 ans

Originaire de l’Angleterre, mais installée au Canada depuis la deuxième guerre mondiale, Ida Herbert a découvert le yoga à l’âge de 50 ans. Elle qui détestait le gym, elle est tombée en amour avec la pratique du yoga et a rapidement commencé à intégrer les salutations au soleil à sa routine matinale. Elle a commencé à enseigner le yoga un peu par hasard dans le camping où elle et son mari passaient leurs hivers, en Floride. Elle croit fermement au pouvoir du mouvement et se plaît à rappeler aux personnes âgées : “Vous n’êtes jamais trop vieux pour faire des choses qui sont bonnes pour vous.”

(Crédit photo: World Yoga News

Ça vous inspire? Voyez les cours que nous recommandons pour les personnes âgées de 55 ans et plus qui souhaitent débuter leur pratique.

L’art d’être occupé sans se préoccuper

Je ne sais pas pour vous, mais ces temps-ci, je cours partout ! Littéralement. Avec l’expansion, l’évolution et le déménagement de mon entreprise, combiné à mon déménagement personnel et à mes rôles familiaux, je saute d’un rendez-vous à l’autre sans vraiment voir le temps passer. Disons que la phrase “Je suis très occupé ces temps-ci” sort souvent de ma bouche depuis quelques mois.

Comme toute situation de vie, celle-ci m’amène des questionnements et des réalisations. Est-ce qu’être occupé doit absolument rimer avec être préoccupé ? Après courte réflexion – car, après tout, je suis occupé ! – la réponse me saute aux yeux : non.

Recherche rapide : le mot “préoccupé” provient du latin praeoccupare, qui signifie “occuper avant”. Quand on y pense, c’est assez logique : pré-occupé. S’encombrer le cerveau de ce qui s’en vient ou de ce qui pourrait arriver. Laisser le futur envahir le présent. Moi, le professeur de yoga qui répète constamment à ses étudiants d’être dans le moment présent, me voilà un cordonnier bien mal chaussé !

Quand je suis préoccupé, que ce soit parce que je crains d’être en retard à mon rendez-vous dans 30 minutes ou bien à propos du succès de mon entreprise pour les cinq prochaines années, je me projette dans le futur et surtout… j’oublie d’être pleinement dédié à ce que je suis en train de faire, aux personnes avec qui je suis.

Et pourtant, il n’y a aucune raison valable de m’occuper l’esprit avec ce que je ne suis même pas encore en train de faire : je n’ai aucun contrôle dessus ! Mon énergie serait bien mieux investie à ce qui m’occupe dans le présent. Plutôt que de stresser à propos d’arriver à l’heure à la banque, à mon rendez-vous avec le contracteur ou à la garderie, je peux décider de faire confiance à mon agenda. Laisser aller mes scénarios irrationnels et faire le choix conscient d’accorder toute mon attention à la tâche que je suis en train d’effectuer, la réaliser du mieux que je peux et pouvoir me la sortir complètement de la tête par la suite, en ayant la satisfaction du travail bien fait.

Et même si je réalise que j’aurai quelques minutes de retard à une rencontre car la précédente s’étire, le fait de me ronger les sangs ne me sera d’aucune utilité. Je serai déconcentré et pas plus à l’heure. L’autobus n’arrive pas plus ou moins vite qu’on soit détendu ou énervé.

Le même raisonnement s’applique en ce qui concerne les moments de repos, de loisirs, de vacances, qui sont cruciaux à notre bien-être physique et mental. Pourtant, combien de fois je me surprends à culpabiliser de ne pas être en train de travailler sur mon entreprise ? Ce faisant, je néglige alors ce qui devrait m’occuper dans le moment présent : me détendre, m’aérer les idées et passer du temps de qualité avec ceux que j’aime.

Alors je vous dis : pour les prochaines semaines, courrez si vous avez à courir ; mais courez tranquillement. Il fait chaud, de toute façon.

Chronique parue dans le journal Le Courrier le 10 juillet 2018

par André-Claude Beaulac

Revenir à l’essentiel

L’autre jour, au lancement d’Un Été Show, une dame m’a demandé : « Mais, c’est quoi, au juste, le yoga ? »

Je dois avouer que cette question m’a pris de court. En tant que prof de yoga, on se fait souvent demander quel style on enseigne, dans quelle tradition on se situe et de quelle école on provient, mais comme la pratique est de plus en plus en vogue en Occident, rares sont les gens qui nous demandent de définir ce qu’est le Yoga avec un grand Y. Et pourtant, la question est bien légitime !

En dehors des adeptes de la discipline, peu savent ce qu’est véritablement le yoga. C’est bien compréhensible, car on voit le terme yoga partout : hatha yoga, yoga chaud, beer yoga, power yoga, yoga prénatal, yoga pour aînés, yoga avec bébés chèvres (vous avez vu le vidéo passer sur les réseaux sociaux, tellement mignon !), yoga parents-enfants, ashtanga yoga, abdos yoga, SUP yoga et j’en passe ! Il y a de quoi s’étourdir dans cette mer de styles et de dérivés tous plus créatifs les uns que les autres… et parfois un peu déconnectés. L’image marketing du yoga nous laisse croire que sa pratique requiert un tapis haut de gamme en éco-caoutchouc-équitable-anti-dérapant, des vêtements spécialisés aux motifs multicolores, un abonnement au studio le plus branché en ville, sans oublier la capacité de se tenir sur la tête et celle de se plier en quatre tout en conservant le sourire.

En vérité, dans son essence, le yoga est beaucoup plus simple. Le yoga est une pratique accessible à tout le monde, car elle ne requiert que deux éléments : un corps et un mental. Point. Pas un corps musclé et un mental zen. Pas un corps mince et un mental apaisé. Pas un corps en santé et un mental de fer. Juste un corps, peu importe son état, et un mental, peu importe son état.

Le mot yoga signifie union. Union du corps et du mental et union de la conscience individuelle à la conscience collective. Vous comprendrez donc qu’il n’y a pas qu’une seule bonne façon de faire du yoga. Pour certains, l’entraînement du corps à exécuter des postures complexes requérant force et persévérance est ce qui les rapproche le plus de cette union. Pour d’autres, c’est le fait s’asseoir en méditation une heure par jour. D’autres y accéderont par le biais de mouvements en douceur ou de postures supportées, restauratrices, auxquels s’ajouteront des exercices de respirations. Et il n’y en n’a pas une qui vaille mieux que l’autre.

Merci, gentille dame, de m’avoir ramené à l’essence même du yoga : revenir à sa propre essence.

Namaste

Chronique parue dans le journal Le Courrier le 19 juin 2018

par André-Claude Beaulac